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Après "Sous la burqa", Agnès de Féo revient avec "Niqab hors la loi"



Jeudi 30 juin c'est en avant-première qu'a été projeté le documentaire "Niqab hors la loi" à l'Institut des Culture d'Islam (ICI). Ce film, réalisé par la sociologue Agnès de Féo, reprend les témoignages de femmes concernées par la loi d'interdiction du port du voile intégrale dans les espaces publics. La projection a été suivie d'un débat ouvert avec le public et la réalisatrice, l'anthropologue Giulia Fabbiano et la présidente des Amazones de la liberté, Lila Citar (association défendant le droit de porter le Niqab).



Après "Sous la burqa", Agnès de Féo revient avec "Niqab hors la loi"
Après "Sous la burqa", ce second volet des documentaires d'Agnès de Féo consacrés aux femmes portant le niqab voulait donner la parole aux personnes directement concernées par la mise en application de la loi d'interdiction du voile intégral. Comment vivent-elles depuis l'entrée en vigueur de la loi ? Comment la police intervient-elle dans les rues ? Autant de questions auxquelles le documentaire tentent de répondre.
Les femmes défilent devant la caméra , apportant des témoignages plus ou moins troublants sur les conditions d'interpellation sur la voie publique.
Un seul mot revient de manière récurrente dans la bouche des femmes interviewées : la peur. La peur de se faire interpeller par la police, de se faire "afficher" devant tout le monde, d' "être embarquées au commissariat", d' "être tout simplement traitées comme des délinquantes". Pour elles, aller acheter ne serait-ce qu'une baguette de pain devient une véritable épreuve psychologique !

Lila Citar, la cyber résistante

A la fin du documentaire, les réactions ne se font pas attendre. Visiblement, le public est tiraillé entre l'incompréhension du port d'un voile cachant le visage et une loi discriminatoire qui complique la situation plus qu'elle ne l'arrange.
D'ailleurs, Lila Citar le rappelle bien de par sa cyber présence via Skype en vidéoconférence. Se définissant comme une cyber résistante au même titre que les cyberrésistants arabes et chinois, elle a du décliner l'invitation de l'ICI pour au final participer au débat via Skype . L'ICI étant un espace public, ce lieu lui est donc interdit depuis l'application de la loi.
L'anthropologue Giulia Fabionna a réagit d'ailleurs à cet état de fait. Pour elle, les femmes portaient , avant cette circulaire, le niqab par choix. Maintenant , le fait de le porter est devenu un acte de résistance et donc un acte politique.
"A Couronne (quartier parisien où les libraires et le prêt-à-porter islamiques ont pignon sur rue, ndlr), les vendeurs disent "merci Sarko", car depuis le vote de la loi, la plupart des magasins ont explosé leur vente de niqab et jilbab !" a souligné Agnès de Féo.

Au final, la loi et sa circulaire auront permis de libérer la parole de ces femmes qui ne cessent depuis ce documentaire de briser les préjugées en se montrant au public telles qu'elles sont. De simples citoyennes, elles sont devenues de véritable militantes clamant haut et fort leur droit de se vêtir comme elles l'entendent. Que l'on soit pour ou contre, au fond c'est à elles de choisir.


Nicolas Mom
Vendredi 1 Juillet 2011





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